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Ilimane Diop, basketteur sénégalais, naturalisé espagnol : «Je ne regrette pas mon choix»

Ilimane Diop, basketteur sénégalais, naturalisé espagnol : «Je ne regrette pas mon choix»

Du haut de ses 2,11m, Ilimane Diop ne passe pas inaperçu. Le jeune natif de la localité de Djolof n’a pas échappé à l’œil des techniciens espagnols qui l’ont enrôlé au sein de la Roja depuis les sélections jeunes. Parti du Sénégal en 2010, le pivot vit l’un des meilleurs moments de carrière de basketteur avec l’Equipe nationale A d’Espagne, après celles des U16 et U18. Un choix sportif que le sociétaire de Club Deportivo Saski-Baskonia (Liga) dit ne pas regretter, même s’il soutient demeurer un Sénégalais. D’ailleurs, il ne se prive pas de venir passer ses vacances à Thiès, à chaque fois que l’opportunité se présente.

Comment se passent les vacances ?
Tout se passe bien. Je suis en vacances dans mon pays. Je suis sénégalais et je viens chaque année rendre visite à la famille, à mes amis. Raison pour laquelle, je suis actuellement à Thiès pour profiter de ces moments avec mes amis. Je viens aussi participer au camp de Oumar Sow qui est celui qui m’a offert l’opportunité d’aller en Espagne pour jouer au basket. En étant présent, c’est une façon de lui rendre l’ascenseur. Donc, à chaque fois que j’ai l’opportunité de venir au Sénégal, je le fais. Le but, c’est de rendre heureux les gamins qui aspirent à devenir des basketteurs.
Comment s’est passée la saison avec votre club en Espagne ?
C’est le niveau professionnel et cela demande énormément de sacrifices. Il y a beaucoup d’entrainements, de matchs, mais on rend grâce à Dieu d’avoir la force de pouvoir répondre présent à chaque fois. Pour ce qui est du bilan, je dirais qu’il est positif parce qu’on a perdu en finale. C’est la loi du sport. Mais dans l’ensemble, ce fut une bonne saison.

Qu’est-ce qui vous a manqué ?
Pas grand-chose ! Je dirais qu’on a joué contre une équipe qui était plus déterminée, plus engagée. En plus, on a commis beaucoup d’erreurs par moments. Ils en ont profité pour mener au score. C’est le haut niveau. Il faut apprendre de ses erreurs pour pouvoir mieux faire la prochaine fois.

Et le bilan personnel ?
Je suis content de ma saison. Je me donne, chaque année, un objectif personnel à atteindre. Et je crois l’avoir atteint. Je suis satisfait de mes performances. Je ne suis pas à 100 %, mais au moins à 80%. Je dois continuer à bosser pour être à 100%. C’est le prochain défi que je me donne. Etre meilleur que l’année passée. En défense, je suis à 50%, en attaque à 40%. Ce sont des statistiques que je veux améliorer l’année prochaine.

Est-ce que c’est facile pour un Africain, particulièrement un Sénégalais, d’évoluer dans le championnat espagnol ?
Cela dépend de plusieurs facteurs. Ce n’est pas facile d’atteindre le haut niveau. Chacun cherche à être le meilleur dans son domaine. Il faut beaucoup de travail et de détermination pour être au haut niveau. Cela est valable pour toutes les nationalités. Qu’on soit Africain ou pas, c’est pareil. Il faut d’abord travailler avant d’espérer un coup de chance pour accéder au haut niveau.

Vous faites partie de la nouvelle génération de basketteurs sénégalais évoluant en Europe. Qu’est-ce que les anciens comme Boniface Ndong ont eu comme impact dans votre carrière ?
Ce sont les références. Boniface Ndong et Sitapha Savané, je suis souvent en contact avec eux. Je sollicite leurs conseils. Ce sont eux qui nous ont donné cette force de nous imposer dans le championnat espagnol. Ils ont balisé le chemin pour la jeune génération que nous sommes. On ne peut que suivre leurs pas car ce sont des références dans le basket espagnol.

Malheureusement, vous n’avez pas suivi leur choix de pays en optant pour la sélection espagnole. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?
C’est un choix purement sportif. Mais aussi, un choix du moment. J’ai voulu progresser dans ma carrière. L’opportunité s’est présentée avec la sélection espagnole, j’ai réfléchi et j’ai choisi la Roja. Il fallait faire un choix pour pouvoir «compétir» en été. Il faut comprendre que j’ai commencé en cadets. Pendant ce temps, au Sénégal, il n’y avait pas de sélections jeunes. Je ne regrette pas mon choix. Cela au contraire m’a aidé à progresser davantage. Mais je demeure un Sénégalais. Ce n’est pas seulement sur le plan sportif qu’on peut aider son pays. Je peux l’aider autrement. Il y a volet social qui est également très important. A ce niveau, je crois qu’il y a beaucoup de choses à faire pour les jeunes. Et j’essaie de faire de mon mieux pour mon pays.

Est-ce que le choix n’a pas été difficile ?
Comme j’ai dit, j’ai choisi de jouer pour l’Espagne en étant jeune. Je n’avais que cette opportunité à l’époque. Et quand on a la chance de pouvoir jouer pour la sélection espagnole, je ne pense que cela soit un mauvais choix. C’est le haut niveau. On est dans de très bonnes conditions. Tu joues avec les meilleurs joueurs au monde. Ce sont des joueurs qui évoluent en Nba. C’est le top du basket. A chaque entrainement, c’est une leçon. Quand tu as la chance d’avoir des gens qui ont plus d’expérience que toi, il faut saisir l’occasion. Il faut profiter du moment et apprendre.

Est-ce que vous suivez les performances des Lions ?
J’ai suivi les trois derniers matchs à Dakar. C’était pas mal. Il y avait une bonne ambiance, du beau jeu. Cela fait du bien de jouer devant son public. C’est une bonne chose pour le basket sénégalais. Je souhaite qu’ils se qualifient pour la Coupe du monde.

Ce serait spécial pour vous de jouer contre l’Equipe du Sénégal ?
Ce serait beaucoup d’émotion. On verra. Il faut dire que je ne connais pas beaucoup les joueurs qui sont actuellement en sélection. Nous ne sommes pas de la même génération. J’en ai rencontré certains comme Hamady Ndiaye en Espagne.

Une autre Sénégalaise, Astou Ndour, a également opté pour l’Espagne. Est-ce qu’il vous arrive de parler de vos choix ?
C’est vrai que je connais Astou depuis un bon moment. C’est une bosseuse avec beaucoup de talent. Mais pour ce qui est du choix, on n’en parle pas. Je crois que le choix est personnel. On parle d’autres choses et non du choix fait de porter le maillot de l’Espagne.

Pourquoi vous n’êtes pas avec la sélection espagnole qui joue les éliminatoires du Mondial, en ce moment ?
C’est un choix. J’ai terminé un peu tard la saison. J’ai voulu prendre quelques jours de vacances et profiter de la famille. La saison a été longue. J’ai terminé 5 jours avant les qualifications. Je n’avais pas trop le temps. On verra pour la suite. Pour l’instant, je veux profiter des vacances.

Beaucoup d’observateurs vous voyez déjà en Nba. Qu’est-ce qui vous bloque ?
Je crois que j’ai encore la chance de rejoindre la Nba. Je me suis blessé avant la Draft. C’est un objectif qui est devant moi. Ce qui me reste à faire, c’est de continuer à travailler. A défaut, j’essayerai de faire une bonne carrière en Europe.

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