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Vidéo – Y a-t-il un complot derrière le 11 septembre ?

“Ladies and gentlemen, this is a difficult moment for America. Today we’ve had a national tragedy. Two airplanes have crashed into the World Trade Center in an apparent terrorist attack in our country.” Lorsque Georges W. Bush prend la parole devant les caméras, le mardi 11 septembre 2001, le monde entier vient de vivre en direct une catastrophe d’une ampleur inédite.

INTERNATIONAL – En tout, quatre avions ont été détournés dans l’espace aérien américain entre 8h14 et 10h03. Deux s’écrasent sur les tours jumelles, à New York, un troisième sur le Pentagone, en Virginie et le dernier dans un champ en Pennsylvanie. Le bilan humain de ces attentats est terrifiant, 2977 morts et des milliers de blessés.

Mais au-delà du nombre de victimes, c’est surtout un traumatisme profond qui va hanter le pays et avoir des répercussions terribles sur la géopolitique de tout le Moyen-Orient. Dans les deux années qui suivent, les États-Unis interviennent militairement en Afghanistan pour déloger les talibans avec le soutien de la coalition internationale. Puis en mars 2003, ils envahissent l’Irak de Saddam Hussein, dans une guerre beaucoup plus controversée qui divise jusqu’en Occident.

Ces deux heures qui ont changé le monde le 11 septembre 2001 ont été visionnées, revisionnées, analysées par des milliers d’experts et même reconstituées. Des investigations qui ont conclu que c’est l’organisation terroriste Al-Qaïda qui a organisé ces attaques (qu’elle a revendiquées), sous le patronage d’Oussama ben Laden. Cette version a été au fil du temps confirmée par les différents rapports d’experts, de scientifiques et de journalistes et étayée par une masse d’informations et de documentation très riche.

Pourtant, assez rapidement, des contradicteurs sont apparus sur internet et même parfois sur les plateaux télévisés. Ces sceptiques sont persuadés que le gouvernement américain a des choses à cacher et que ces attaques n’auraient pas pu passer sous le radar des services secrets. Les théoriciens du complot soutiennent ainsi que les tours jumelles ont notamment été démolies à l’aide d’explosifs et que le Pentagone n’a pas été frappé par un avion mais par un missile.

Pour en avoir le cœur net, nous avons posé toutes ces questions à Rudy Reichstadt, directeur de Conspiracy Watch, l’Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot.

Y a-t-il un complot derrière le 11 septembre ?

Aujourd’hui on n’a pas une seule preuve du moindre complot interne américain pour les attentats du 11 septembre. La version communément admise selon laquelle c’est bien Al-Qaïda, comme ils l’ont revendiqué plusieurs fois, qui a commis ces attentats, est très largement corroborée, prouvée par un nombre incroyable d’éléments matériels et de témoignages.

Peut-on remettre en cause la version officielle des autorités américaines ?

Quand on parle de version officielle, on fait deux choses. On explique que les faits tels qu’ils se sont déroulés ne sont qu’une opinion, on les ramène au rang d’opinion et de chose qui peuvent être débattues. Ensuite, le fait de les qualifier d’officiels, c’est une manière de dire qu’ils sont mensongers. La théorie du complot sur le 11 septembre expliquant que ce sont les Américains qui ont eux-mêmes produit ces attentats a été martelée y compris par des autorités publiques, étatiques.

L’ex-président iranien Mahmoud Ahmadinejad expliquait à l’ONU il y a quelques années que tout cela était un complot interne américain, qu’aucun avion ne s’était écrasé sur le Pentagone , que les tours n’avaient pas pu tomber de telle manière. Est-ce qu’on est encore dans une version officielle ou pas ?
Sans doute que c’est une forme de version officielle mais là, des autorités iraniennes.

Pourquoi le 11 septembre fascine-t-il autant les complotistes ?

C’est un événement traumatique. On se rappelle tous quand on l’a vécu, où on était, ce qu’on faisait. C’est un événement qui est un jalon historique. Le 11 septembre vient inaugurer l’ère du terrorisme mondialisé et poser la première pierre d’un complotisme généralisé sur ces questions d’affaires terroristes . Tous les attentats terroristes islamistes qui vont suivre dans les deux décennies vont être réinterprétés comme des “false flags”, des opérations, des attentats sous fausse bannière, sous faux drapeau. On essaierait de faire porter le chapeau à Al-Qaïda des organisations djihadistes alors qu’en réalité ce seraient nos propres services de renseignement qui auraient organisé tout cela.

C’est une lecture des événements très centrée sur l’Occident ?

Cette idée que les Américains sont les auteurs des attentats qui les visent eux-mêmes, elle dépossède Al-Qaïda, les organisations djihadistes de leur propre responsabilité et des actes qu’elles revendiquent elles-mêmes. Oui, il y a une forme de complexe de supériorité occidental qui ne dit pas son nom. On retrouve un schéma qui est occidentalo-centré, dans lequel l’Occident continue à faire l’Histoire et les absents de l’Histoire, notamment la civilisation musulmane, seraient complètement à la remorque du monde et ne seraient pas capable d’être acteurs.

En installant le doute, les complotistes ont-ils gagné une bataille idéologique ?

Il y a un autre événement sur lequel la théorie du complot a largement convaincu des pans entiers de l’opinion, c’est l’assassinat de Kennedy. 50 ans après, bien qu’on n’ait pas la moindre preuve d’un complot interne de la CIA pour faire assassiner Kenn, il y a des millions de gens qui croient à ça. Donc oui les complotistes ont gagné sur Kennedy, sur le 11 septembre également parce qu’ils ont instillé le doute au point qu’il est difficile aujourd’hui de parler du 11 septembre sans évoquer aussi automatiquement la réécriture conspirationniste de ces événements. La théorie du complot fait presque partie aujourd’hui de l’Histoire des attentats du 11 septembre. Avoir des doutes, ça n’a rien de contestable ni de criminel. Lorsqu’on devient un militant, qu’on devient publiquement le porteur de ce type de thèse, c’est autre chose. On s’engage et on engage aussi sa responsabilité de citoyen dans quelque chose dont on est loin d’être sûr.
Lorsqu’on a que des doutes, on n’a pas grand-chose à dire.

A qui profite ce doute ?

Ces théories du complot, évidemment, ne tombent pas du ciel. Elles sont mises en circulation, produites par des entrepreneurs de politisation conspirationnistes, des théoriciens du complot, comme Thierry Meyssan, dont on sait qu’il a travaillé pour une organisation terroriste comme le Hezbollah dont il connaît la proximité avec le régime iranien, et aujourd’hui du régime de Bachar el-Assad en Syrie.
Donc il se livre à une réécriture de l’Histoire, des événements, qui va dans le sens de ses intérêts et de la vision du monde qu’il défend
Il y a un principe de causalité diabolique, le mal a une adresse, c’est Washington.
Les États-Unis, les Américains ne peuvent pas être victimes.

Les archives classées ont-elles encore des secrets à nous apprendre ?

Pour toutes les grandes affaires qui ont généré des théories du complot, le naufrage du Titanic, l’assassinat de Kennedy, le premier pas de l’homme sur la Lune, des décennies plus tard, ce qu’on a appris après des déclassifications, l’émergence de nouveaux documents, n’a jamais bouleversé ce qu’on savait de ces événements déjà.
Pour le 11 septembre, il faudrait que George W. Bush nous dise face caméra « j’avoue tout, ce qu’il s’est passé a été orchestré par ma propre administration ». Tant qu’on n’a pas cet élément, qui serait un élément majeur qui nous permettrait de rouvrir le dossier, effectivement il faut raison garder. Jusqu’à preuve du contraire, les choses se sont passées comme on le dit.

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