publicité

Afrique du Sud: violences dans le quartier de Westbury à Johannesburg

En Afrique du Sud, les habitants de Westbury appellent l’armée à l'aide pour lutter contre les gangs. Ce quartier de la banlieue ouest de Johannesburg est un quartier majoritairement « métis » et des violences ont éclaté après la mort accidentelle d'une mère de famille.

L’affaire a commencé la semaine dernière quand une mère de six enfants a été tuée dans la rue lors d’un échange de coups de feu entre membres de gangs rivaux. Des gangs qui se disputent le contrôle de la vente de drogue dans ce quartier. L’incident a provoqué la colère des habitants et, dès le lendemain, tout le quartier s’est soulevé contre la violence au quotidien, contre la drogue, contre la police qu’ils accusent d’être achetée par les trafiquants de drogue.

Les rues ont été bloquées, des infrastructures publiques détruites. Et l’on a pu assister pendant plusieurs jours à des affrontements entre jeunes du quartier et la police. Les incidents sont montés en puissance. Le ministre de la Police s’est rendu dans le quartier promettant de le nettoyer des trafiquants de drogue. Il y a d’ailleurs eu un important déploiement de la police ce jeudi matin, mais les habitants veulent l’armée.

Des populations délaissées

Il y a aussi une dimension raciale dans ces incidents. Les habitants de Westbury, métisses ou « coloured », accusent les autorités de les avoir abandonnés. En Afrique du Sud, les coloured sont des métis, mélange de population indigène du Cap, les Koi et les San, avec les différentes vagues d’immigration, principalement venues d’Asie. Et ces populations ont toujours été marginalisées par les autorités.

Ils se plaignent de ne pas recevoir d’aide au logement, à l’emploi, à l’éducation parce qu’ils ne sont pas noirs. Et en effet, leur quartier compte parmi les plus pauvres où le chômage est important avec de gros problèmes de drogue et de gang. C’est le cas de Westbury, mais également d’Eldorado Park à Soweto.

Les heurts de ces derniers jours traduisent un ras-le-bol des habitants vis-à-vis des trafiquants de drogue et de la violence qu’ils engendrent, mais plus globalement de ce qu’ils estiment être leur exclusion de la société sud-africaine. D’ailleurs, cette communauté a appelé à une journée « ville morte », ce jeudi, dans ces différents quartiers.

TENDANCES DU JOUR

Laisser un commentaire

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.