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Le 21 mars 1991, 93 soldats sénégalais périssaient dans un accident d’avion

Le 21 mars 1991, 93 soldats sénégalais périssaient dans un accident d’avion au Yémen. Ils revenaient sur leur zone de déploiement, après le petit pèlerinage à la Mecque (Oumra), lorsque l’avion Hercule C 130 numéro 467 de l’armée de l’air saoudienne qui les ramenait s’est écrasé à proximité de la piste d’atterrissage. C’était dans la nuit du 21 mars 1991 à 4 heures 45 minutes.

Le choc et l’émotion que le drame avait suscité ont marqué à tout jamais l’esprit et le cœur de nombreux sénégalais. Ce fut une étape douloureuse dans la vie de toute la Nation. Elle s’est passée il y a maintenant 26 ans. Dans la nuit du 2 août 1990, en effet, l’armée irakienne envahit le Koweït. Au bout de 4 heures, le petit émirat est annexé par la redoutable armée de Saddam Hussein. Une semaine après, ce dernier proclame le Koweït dix-neuvième province de l’Irak. La communauté internationale, les Etats unis en tête, est choquée. Plusieurs Etats, sous le leadership des Usa, déclenchent l’opération «tempête du désert» avec un millier d’avions, des dizaines de milliers de tonnes d’explosifs et des milliards de dollars de matériels électroniques. L’armée sénégalaise est invitée à participer aux opérations. Le Général Mouhamadou Keïta est désigné pour commander le contingent Sénégalais au Koweït. Le 17 septembre 1990, le premier avion quitte le Sénégal. Le 2e avion décolle deux jours plus tard. Plus de 500 Jambars débarquent ainsi dans un Koweït secoué et endolori. «On appelle cette guerre, ‘‘The desert Storm’’. C’est à dire la tempête du désert. Saddam Hussein avait décidé que le Koweït devait être une province de l’Irak. Et pas un Etat indépendant. Malgré les avertissements de la communauté internationale, il a attaqué le Koweït. Puis, les pays qui ne le soutenaient pas, se sont portés volontaires pour assister matériellement ou humainement le Koweït. C’est dans ce cadre que le Sénégal s’est engagé. C’est ce qui a amené nos hommes sur ce champ de bataille», expliquait le lieutenant-colonel Mendicou Guèye conservateur du musée des forces armées, lors d’une visite guidée accordée à teledakar. Les actions terrestres de la guerre du Golfe étant achevées, des soldats sénégalais décident de faire le petit pèlerinage à la Mecque (Oumra). Ils embarquent dans l’avion Hercule C 130 numéro 467 de l’armée de l’air saoudienne. C’est au retour sur leur zone de déploiement que l’avion qui les ramenait s’est écrasé à proximité de la piste d’atterrissage. Il est 4 heures 45 minutes, dans la nuit du 21 mars 1991. L’accident entraînera la mort de 93 militaires sénégalais dont 2 officiers et 6 membres de l’équipage saoudienne. Trois (3) soldats sénégalais ont survécu à l’accident avec, pour l’un, des brûlures sévères et pour les 2 autres, des fractures délicates. Une tragédie ! Le Sénégal se réveille avec cette triste nouvelle, en ce mois de ramadan. L’émotion inonde tout le pays. La joie de nombreuses familles de soldats, qui attendaient heureux leur fils revenir du front, est stoppé net. Aujourd’hui, au musée des forces armées, situé près de l’ancien palais de Justice, le bloc des Madeleines, devenu le siège de la Douane Sénégalaise, c’est une salle spéciale qui est réservée à la guerre du Koweït et aux 93 Jambars disparus. Les photos de ces derniers y ont été affichées et le visage endolori du Koweit, à l’époque, avec ses puits de pétrole incendiés, ses immeubles détruits par les missiles et les moyens de communication coupés, ont été reconstitués en miniature. De nos jours, tout citoyen peut aller au musée des forces armées pour revisiter ce point douloureux de l’histoire militaire de notre pays.

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