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Kazou Rajab : La communauté mouride rend à Fallou ce qui appartient à Gallas (vidéos)

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La célébration du Kazu Rajab remonte aux années 60, précisément en 1963. Cette année-là, son anniversaire venu, Serigne Fallou quitta Touba quelques temps avant le coucher du soleil pour se rendre à Darou Salam son lieu de naissance, afin d’y passer la nuit en prières. Le lendemain, au sortir de sa retraite, il se rendit au domicile de Serigne Affia Niang. L’accueil fut chaleureux et empreint de piété. On peut considérer, pour l’histoire, que le premier repas qui a alors été servi, à l’occasion d’une célébration du Kazu Rajab, a été préparé par Sokhna Asta Wâlo Niang, la mère de Serigne Abdourahmane Bousso. Pour donner à l’événement un caractère festif, à la dimension de l’immense honneur que Serigne Fallou venait de faire à Serigne Affia Niang, on servit du thé, des biscuits et autres friandises.

Gallas, Fallou ou Fadel

En effet, un des signes distinctifs par lesquels on identifie le croyant véritable est la résignation devant les arrêts divins, si cruels puissent-ils être. Ainsi, lorsque le 13 juillet 1945, Serigne Mamadou Moustapha fut ravi à l’affection de la Communauté Mouride, ce fut avec une douleur, indicible certes mais avec une totale soumission à la volonté de Dieu que le pays tout entier vécut l’événement. Son frère cadet de six mois, Serigne Mouhamadou Fadilou fut porté au Khalifat car la flamme allumée par Khadimou Rassoul ne saurait vaciller. Le fils de Sokhna Awa Bousso, dont le souvenir est perpétué par ses nombreux homonymes, connus sous les prénoms de Gallas, Fallou ou Fadel, allait marquer son temps et entrer dans l’histoire par la grande porte.

Né un vendredi du mois de Rajab

Cheikh Mouhamadou Fadilou Mbacké est né un vendredi du mois de Rajab en l’an 1306, jour anniversaire de l’ascension du prophète Mohamed (Psl), qui correspond au 27 juin 1886 du calendrier grégorien. Il a encouragé l’agriculture, renforcé les liens avec les autres confréries et terminé la construction de la Grande Mosquée de Touba inaugurée le 7 juin 1963. C’est sous son khalifat que Touba eut ses premières infrastructures et que son visage actuel commençait à se dessiner. Il a surtout réussi à donner, sous son magistère, une grande dimension au Magal, en demandant à la communauté mouride de se rendre, désormais, à Touba pour l’y célébrer. Serigne Fallou, comme on le surnommait affectueusement, étonnait par ses prières miraculeuses et son ouverture d’esprit.

Magistère synonyme de prospérité

Son khalifat est encore évoqué de nos jours comme une période particulièrement faste pour le pays. Tous les Sénégalais, toutes confessions et ethnies confondues, le considèrent comme un vrai thaumaturge, un homme qui a reçu du Créateur le pouvoir de faire des miracles. Les vieux se rappellent que son avènement a coïncidé avec l’éradication de l’épidémie de peste qui a décimé le pays vers la fin de la Seconde guerre mondiale. La famine qui menaçait la population a pris fin et cela a marqué le début d’une ère de prospérité économique, de sécurité alimentaire et d’absence de calamité. Les jeunes générations, qui n’ont pas le bonheur de l’avoir connu, recueillent des témoignages le décrivant comme un grand-père débonnaire à la générosité indescriptible auprès duquel toutes les détresses ont trouvé solution.

“Ô Mourides, faites attention aux leurres”

Travailleur acharné, il fit de sa vie un exemple de vertu : “La vie mondaine m’avait tourné le dos pendant 60 ans et je n’ai point cherché son contact. Maintenant qu’elle draine tous ses privilèges vers moi, c’est à moi de lui tourner le dos en lui rendant la monnaie de sa pièce, tout en sachant que je ne vivrais pas avec elle autant d’années qu’elle m’a abandonné. Faites bien attention, Ô Mourides, aux leurres de l’existence mondaine. Par les mirages de la vie ici-bas, le monde existentiel consiste à trahir tous ses compagnons. Trahissez-le donc, avant qu’il ne vous joue son tour infaillible”. Le sage de Touba a été rappelé à Dieu le 6 août 1968.

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