CONSULAT DE MILAN : Les contours d’un scandale

RÉVÉLATIONS SUR LE PRET AU CONSULAT DE MILAN

Les contours d’un scandale

Comme le révélait Libération, c’est le ministre des Affaires étrangères Amadou Ba qui a freiné la consule du Sénégal à Milan qui s’était lancée dans une opération d’achat immobilier auprès de l’agence Erreti Immobiliare après avoir contracté un prêt de 850 millions de Fcfa au nom de l’Etat du Sénégal. Dans cette affaire, Rokhaya Ba Touré, membre de l’Alliance pour la République (Apr) a saccagé à volonté toutes les procédures comptables et administratives. Le plus grave est que madame la consule a travesti le contenu d’une lettre de l’ancien ministre du Budget pour couvrir, auprès du payeur, une opération qu’elle a été la seule à piloter. Contrairement à ce qu’affirme ses partisans pour la blanchir, Birima Mangara, à l’époque ministre du Budget, n’a jamais autorisé une telle opération.

En effet, Rokhaya Ba Touré a signé l’acte d’achat le 1er août 2019. Le 15 octobre 2019, elle adresse une lettre truffée de fautes- que nous reproduisons- à Issac Mingou , payeur du Sénégal en Italie pour… l’informer : «Suite lettre (sic !) numéro 08608/Mefp/mdb/ct/mmd du 17 septembre 2018 autorisant acquisition de la chancellerie, je viens par la présente vous informer de l’achat de la chancellerie sis à Viale Certosa 187 à Milan par l’Etat du Sénégal sur prêt bancaire pour une durée de 15 ans. Je vous envoie ci-joint le tableau d’amortissement afin d’éviter les retards dans les paiements qui se feront désormais par virement bancaire auprès de la banque UniCredit. Les ordres de paiements vous seront transmis à temps pour une bonne diligence ». Le payeur du Sénégal en Italie a failli tomber à la renverse en apprenant donc, deux mois plus tard, que la consule avait engagé les finances sénégalaises, donc son service, dans une telle transaction.

Mais le plus grave, c’est que Rokhaya Ba Touré fait référence à une «autorisation » de l’ancien ministre du Budget pour espérer tordre le bras au payeur. Or, elle a fait tout le contraire de ce qui lui avait demandé Mangara. Ce dernier avait autorisé «les services compétents » de Rokhaya Ba Touré, «chacun en ce qui le concerne à engager les procédures subséquentes (à l’acquisition) en rapport avec ceux centraux et ceux du ministère des affaires étrangères et des sénégalais de l’extérieur ». Aucun service central ou du ministère des Affaires étrangères n’a été impliqué dans cette transaction que Rokhaya Ba Touré a engagé toute seule, dans le secret de son bureau, en complicité avec une copine qui a joué les intermédiaires avec la banque.

Faut-il s’étonner de ce scandale si on sait que le consulat du Sénégal à Milan avait été fermé, une fois, pour cause de…baptême d’un de ses employés ?

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