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Du Cfa à l’Eco: Comment la France compte surveiller ses arrières !

Le 20 mai dernier, la France avait annoncé un projet de loi qui va acter le changement du franc Cfa en Eco. Le texte a été adopté en conseil des ministres. Pour beaucoup, il ne s’agit que d’une «réformette» qui ne change pas grand chose et qui ne lève pas la mainmise française. Mais, pour Macron et son gouvernement, cet accord de coopération avec les États membres de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa), signé le 21 décembre dernier, constitue une réforme ambitieuse.

Macron et son gouvernement ont inscrit dans le communiqué du conseil des ministre du mercredi 20 mai, que l’accord «préserve les paramètres économiques clefs de stabilité monétaire et de résilience de la monnaie de l’Umoa, à savoir la parité fixe de la monnaie commune avec l’euro et le soutien apporté par la garantie de la France.» Le nom de la monnaie évoluera pour devenir l’Eco et la centralisation des réserves de change de l’Umoa à Paris sera abolie, en actant la suppression du compte d’opérations.

La France va se retirer de l’ensemble des instances de gouvernance de l’Union, elle ne nommera plus de représentants au conseil d’Administration et au comité de politique monétaire de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, ni à la commission bancaire de l’Union, indiquent le gouvernement français. Des aspects connus jusqu’ici.

Cependant, même si la France déclare qu’elle deviendra «un simple garant financier» à l’ère de l’Eco, elle a, cependant, prévu des mécanismes pour surveiller ses arrières. «De nouveaux mécanismes sont prévus pour lui permettre de disposer de l’information nécessaire pour suivre et maîtriser le risque financier qu’elle continuera de prendre», indique-t-elle dans son document.

Pour rappel, le 2 février dernier, les députés français avaient eu une séance de travail avec des techniciens du trésor de leur pays sur le passage du franc Cfa à l’Eco. Ils avaient assuré ce ci, en ce qui concerne la maîtrise du risque: «Nous avons travaillé avec la Bceao sur un cadre de reporting sur des éléments d’informations financières, les évolutions monétaires, l’évolution des réserves, nous permettant d’avoir le même niveau d’informations qu’avant et un canal de dialogue pour que, quand on s’approche d’une situation où la garantie de l’État pourrait être appelée, on puisse faire valoir notre point de vue sur la restauration des grands équilibres».

Des propos qui montrent, selon Ndongo Samba Sylla, que rien ne change véritablement : «C’est encore la confirmation que rien ne change : le Trésor français va continuer à avoir un droit de regard/exercer un contrôle sur les activités de la Bceao et de ses pays membres », avait-il indiqué dans une tribune.

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