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Tribunal de Tambacounda: la défense accuse les gendarmes d’avoir abattu le commandant Tamsir Sané

Le procès du meurtre du commandant Tamsir Sané a pris une tournure inattendue jeudi, à la Chambre criminelle du tribunal de Grande instance de Tambacounda, dans l’est du pays. Les gendarmes qui se sont constitués partie civile dans cette affaire, ont été au cœur des ébats. Ils sont accusés par Me Abdoulaye Sène, avocat de la défense, d’avoir abattu le commissaire Sané sur le terrain des opérations.

Selon L’AS, cette posture des avocats de la défense, de confondre les éléments du défunt commandant, résulte de la réaction et du comportement des gendarmes durant cette intervention.

En effet, tout est parti de l’arrivée en catastrophe d’un des gardiens de la Poste Finances de Koumpentoum ensanglanté à la Brigade de gendarmerie de la localité, pour faire part de la présence de malfaiteurs à la Poste, avant de révéler avoir été blessé par les assaillants.

Alerté, le commandant a sommé ses éléments de prendre les armes. Le commandant, accompagné de trois de ses éléments, en l’occurrence Serigne Sam Ngom, Amadou Ba et Samba Ndione, en plus du chauffeur Malamine Diédhiou, s’est vite déployé sur les lieux.

Selon Serigne Sam Ngom, c’est à quelques mètres de la Poste qu’ils ont entendu un coup de feu et le commandant a demandé « si c’est nous qui avions ouvert le feu ». « Nous avons dit non. Le commandant est descendu du véhicule et c’est en ce moment qu’il a été touché par un second coup de feu.
Nous nous sommes planqués derrière les pneus du véhicule et nous avons voulu riposter. Mais nos armes ne fonctionnaient pas », a expliqué le gendarme qui révèle que le chauffeur également n’avait pas réussi à redémarrer le véhicule et est sorti du côté où le commandant était tombé.

A l’en croire, ils ont alors battu en retraite laissant le commandant sur place pour demander des renforts. D’autant plus que les trois gendarmes qui étaient là, à l’arrivée du véhicule ont été blessés. Le journal souligne que ces actes posés par les pandores ont suscité des interrogations de la part des avocats de la défense.

Interrogés sur l’origine des tirs, les gendarmes ont déclaré à l’unanimité qu’ils viendraient de la Poste. Mais, ce que Me Sène n’arrive pas à comprendre, c’est la position du commandant. En effet, c’est le chauffeur qui faisait face aux tirs. Par conséquent, la robe noire souligne ne pas comprendre comment la balle a pu traverser le chauffeur pour atteindre le commandant au milieu de la tête et à l’épaule.

« La balle ne pouvait provenir de la Poste, mais des gendarmes qui étaient à l’arrières du véhicule»

Pour Me Sène, la balle ne pouvait provenir de la Poste, mais des gendarmes qui étaient à l’arrière du véhicule. « Est-ce que ce n’est pas par manque d’expérience ou maladresse que l’un d’entre vous a tiré sur le commandant ? », s’est interrogé l’avocat.

Les prévenus, Idrissa Sow alias Peul bou rafet, Kéroba Ba, Daouda Ba, et Khoureyssi Diallo, ont tous comparus pour association de malfaiteurs, tentative de vol en réunion avec usage de véhicule, effraction, port et usage d’armes et violences ayant entraîné la mort et des blessures.

Appelés devant la barre, ils ont tous nié les faits qui leur sont reprochés soutenant qu’ils ont signé le procès-verbal sans pour autant savoir ce qu’ils ont signé.

Le verdict est attendu le 2 juillet.

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