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Blocus au Mali: « La Cedeao a fermé les frontières pour masquer son échec » (Boubacar Seye)

Boubacar Séye, chercheur en migrations internationales et président fondateur d’Horizon sans frontières tire sur la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qui a décidé d’isoler le Mali après le coup de force perpétré le mardi 18 août dernier par l’armée.

« Cette crise aux conséquences incalculables dans une sous-région déjà fragilisée par des tensions, est un échec retentissant de la Cedeao. Ce n’est pas une première car l’organisation avait déjà échoué dans plusieurs médiations politiques, dont les plus récentes sont en Guinée-Bissau, au Burkina, au Togo, en Guinée-Conakry et maintenant au Mali », fait-il constater d’emblée, dans un document parvenu à nos confrères Seneweb.

« Comme pour masquer son échec, elle décide de la fermeture des frontières terrestres et aériennes ainsi que l’arrêt de tous les flux et transactions économiques, commerciales entre les pays membres de la Cedeao et le Mali. Si on fait un rappel de l’histoire du pays, force est de reconnaître que dans le passé, les condamnations de la Cedeao, du conseil de sécurité de l’Onu, de l’Union Africaine et autres, n’avaient pas eu d’effets sur les coups d’États antérieurs, parce que le pays était soutenu sur tous les plans par la Chine et la Russie. Il est certes vrai que les ports stratégiques de Dakar, d’Abidjan, de Conakry et leurs réseaux routiers peuvent étouffer l’approvisionnement momentané du Mali en denrées de première nécessité. Mais la détermination du peuple malien a toujours triomphé sur les mesures d’isolement de la communauté internationale », fait observer Boubacar Seye.

Qui rappelle à la Cedeao, sur le plan économique, que « le Mali est le réservoir agricole de l’Afrique de l’Ouest, par son gigantesque cheptel bovin et ovin, et par sa production de quantités énormes de différentes variétés de mil exportées dans la sous-région en particulier au Sénégal. Le Mali est le bassin agricole de l’Afrique de l’Ouest et un grenier pour les pays voisins dont le nôtre ».

Pour le spécialiste en migrations et président de HSF, « Le grand défi de la crédibilité de la Cedeao est ailleurs que d’imposer des sanctions après l’échec de la médiation. Elle déploie souvent des centaines d’observateurs qui ne font que valider des élections bien ficelées par un régime, même si des fois des observations sont émises ».

A la Cedeao toujours, demande-t-il d’arrêter le sanctions contre le Mali, et de s’intéresser aux chefs d’Etat candidats à un troisième mandat, sujet de contestation dans plusieurs pays africains. Car, « les conséquences de ses sanctions seront en grande partie supportées par le peuple lui-même. Pourquoi ne pas se focaliser sur les tensions futures des « 3ième mandats » et menacer de pareilles sanctions les porteurs de ce projet ? Le Mali est un maillon fort et une force incontournable de l’économie de la sous-région. Avec la libre circulation des biens et des personnes, la Cedeao a-t-elle pensé aux conséquences des citoyens sous régionaux, en plus de l’impact déjà plus que lourd de la Covid-19. Le peuple du Sénégal pour des raisons historiques doit soutenir le Mali ! ». Conviction de Boubacar Seye.

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