Vidéo – Ce Macky là n’est pas celui que j’avais suivi en 2012 !

Poste Daouda Mine journaliste

Vidéo - Ce Macky là n’est pas celui que j’avais suivi en 2012 !

Vidéo – Ce Macky là n’est pas celui que j’avais suivi en 2012 !

En 2012, alors que j’étais chef du desk «Société» du quotidien «L’Observateur», j’avais été désigné par ma rédaction pour couvrir la campagne électorale du candidat Macky Sall, au 1e et second tour. J’ai sillonné le pays avec lui et suis témoin de toutes ses promesses consignées dans son fameux programme «Yoonu Yokkute» (le chemin du véritable développement).
Sur le volet judiciaire, par exemple, le candidat Macky Sall soutenait : «mis sous tutelle du pouvoir exécutif, instrumentalisé par ce dernier et insuffisamment doté en ressources humaines et matérielles, le pouvoir judiciaire n’est pas toujours en mesure d’assurer pleinement ses missions dans l’impartialité et l’indépendance».
Le candidat Macky Sall avait alors promis de «mettre fin à cet état de fait» en « renforçant l’indépendance du Conseil Supérieur de la Magistrature par sa composition, son organisation et par son fonctionnement».
Il s’était engagé à faire «des réformes de fond de nos textes de lois afin de moderniser notre code civil et pénale, revoir nos procédures afin de garantir une plus grande diligence, agilité et rapidité de la justice et rendre effective la garantie d’un procès juste, équitable et dans un délai raisonnable».
De manière concrète, il avait promis le renforcement des organismes et corps de contrôle et de régulation (comme l’Inspection générale de l’État (IGE), la Cour des Comptes ou l’Agence de Régulation des Marchés Publics (ARMP)) et leur donner une autonomie budgétaire.
Il avait également promis de doter la Cour des Comptes d’un droit de saisine de la justice en cas de carence du parquet.
Il avait aussi promis de réformer la procédure pénale en introduisant une plus grande automaticité des poursuites face au principe de l’opportunité de la poursuite.
Macky Sall avait aussi promis une indépendance budgétaire de la Cour des comptes et l’élargissement de ses compétences aux comptes de la Présidence de la République et de l’Assemblée nationale.
Mais le Macky Sall que j’ai écouté ce 31 décembre 2020, devant Souleymane Niang, Ibrahima Lissa Faye et Cie, est très loin de ce Macky Sall de 2012.
Non seulement, il n’a rien fait de ce qu’il avait promis, mais il a osé dire hier aux Sénégalais : «Que voulez-vous, c’est ce qui se passe depuis Senghor. Qui veut faire changer les choses n’a qu’à briguer le pouvoir ! ».
Il a osé nous avouer qu’il y a des intouchables dans ce pays, des gens dont l’emprisonnement est susceptible de «brûler» le pays, selon ses propres mots.
Il a osé nous dire que c’est lui l’élu, il peut faire tout ce qu’il veut, il décide de tout, il apprécie tout, peut se permettre de mettre des dossiers sous le coude et peut demander au Procureur de ne pas transmettre à la justice quelques rapports qui n’arrangent pas son camp.
Pour justifier ses dires, Macky Sall nous sert qu’il est le président de la République «clé de voûte des institutions, garant du fonctionnement de la République». Je ne sais pas ce qu’il a compris à travers cela. Mais c’est tout sauf qu’il est un monarque des temps modernes.
Il ignore que c’est la Constitution qui lui donne le pouvoir de gracier des détenus, mais c’est cette même constitution qui lui impose de faire respecter la loi en cas de prévarication des deniers publics. Faut-il le lui rappeler, ce n’est pas à lui de décider qui a volé et qui ne l’a pas fait. C’est à la justice de le faire.
Au cas où il l’aurait oublié, je lui renvoie à l’article 37 de la Constitution, qui lui rappelle les termes de son serment en tant que chef de l’Etat. “Devant Dieu et devant la Nation sénégalaise, je jure de remplir fidèlement la charge de Président de la République du Sénégal, d’observer comme de faire observer scrupuleusement les dispositions de la Constitution et des lois, de consacrer toutes mes forces à défendre les institutions constitutionnelles, l’intégrité du territoire et l’indépendance nationale, de ne ménager enfin aucun effort pour la réalisation de l’unité africaine”. Voici le contenu de son serment.
Il a juré d’observer comme de faire observer scrupuleusement les dispositions de la Constitution et des lois. Cela implique qu’il ne peut pas y avoir de deux poids deux mesures dans une République. Et que qui transgresse la loi doit répondre de ses actes. Qui qu’il soit !

Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Loading…

0

La liste des joueurs qui peuvent négocier avec n’importe quel club pour signer gratuitement

La mauvaise influence de la série ” Virginie” dans les écoles