George Nesta DIOP devant le cercueil de Jean Meissa DIOP

Je faisais partie des premiers à te souhaiter Joyeux anniversaire, le 4 octobre. Mais pour cette fois, j’ai mis des heures à pondre ce texte.

George Nesta DIOP devant le cercueil de Jean Meissa DIOP
JOOK A NJAAL FAPES SANG
Je faisais partie des premiers à te souhaiter Joyeux anniversaire, le 4 octobre. Mais pour cette fois, j’ai mis des heures à pondre ce texte. Et le verbe, quoique jargonneux, sied. Je sais que vous êtes parti. Et croyez moi, j’ai du mal à le réaliser, à l’admettre, à l’accepter. Lorsque je suis entrée dans la maison mortuaire, lorsque j’ai vu votre joli portrait, sur une table, posé.
Lorsque j’ai vu des bougies allumées, et ces flammes si pâles qui dansaient la musique du vent, j’ai dû me résigner. Rien ne sera plus comme avant. Dans mon corps, il a plu des cordes. Mon cœur s’est inondé, mes yeux ont débordé, mon âme a tremblé. Mais bon Dieu, c’est quoi ce monde nouveau qui pille la terre et emporte nos êtres chers ! Pourquoi lui ? Et c’est quoi ce rythme? A force de voir le gouffre, n’avons-nous pas appelé l’abime ? La fleur ne s’ouvre que pour se refermer. C’est une loi de la nature, me dit-on. Je la maudis cette loi.
Papa, nous avions encore besoin de ton regard attendrissant, de ta sollicitude bienveillante, de ta rigueur et de ton urbanité. Ton sens de l’humain t’a fait monument. Au musée de la bonté faite homme, tu auras un statut doré. Pour tout ce que vous avez fait pour moi, pour nous, pour le Sénégal, vous méritez bien plus que des hommages. Merci pour l’encadrement. Merci pour la sollicitude. Je ne sais pas le numéro que j’occupe sur la liste des jeunes à qui vous avez mis le pied à l’étrier.
Qu’importe d’ailleurs le rang! Sans calcul, nous sommes nombreux ceux à qui vous avait tendu la perche. Dans des moments difficiles, improbables, inoubliables. Nous devons nous faire une raison. Perdre la douce habitude d’entendre ta voix paternelle, ton ris et tes conseils sera une profonde déchirure. Pour nous tous.
Mais un poète l’a dit : qui travaillait avant l’aurore, peut bien s’en aller avant le soir. Pour cette fois, le sort ne sort pas vainqueur. Dans chacun d’entre nous, il y a un peu de vous. C’est votre droit d’immortalité. La graine que vous avez semée. Puisse chacun de nous la cultiver, l’entretenir et l’arroser.
Un proverbe bien de chez nous dit de l’homme qu’il est le remède de l’homme. Avec vous, j’en ai fait la douce expérience. Tout a commencé en une frisquette matinée de novembre 2004. Etudiante en journalisme, j’avais rendez-vous avec un certain Jean Meïssa, de la part de mon professeur de Presse écrite de l’Iseg monsieur Tidiane Kassé.
J’entre dans un bureau ou un bonhomme m’accueillit. Son abord est facile, fort et franc. Son ris est sans rictus. Il a convention et convenance, beaucoup d’urbanité et de magnanimité. Sur ses prunelles, le ciel a écrit le mot sincère.
Ce regard qui jamais ne ment m’invita. Au travail, à la rigueur, à la discipline. Je venais de rencontrer mon remède d’homme. Celui qui allait influer positivement sur ma carrière de journaliste. Papa, tu étais une torche. Tu étais une lampe dans la nuit de nos commencements professionnels et de nos vies personnelles. Dieu ne donne pas, il prête. On me l’a dit plusieurs fois. C’est bon maintenant ! J’y crois. A mon cœur défendant.
Avec vous, j’ai intégré la grande rédaction de Walf Quotidien. Le regretté Tonton Abdourahmane Camara qu’il repose en paix, Papa Tidiane Kassé – que Dieu lui prête encore longue vie – Johnson Mbengue, Mbagnick Ngom, Ibrahima Hann, Fatou Kiné Sène étaient de l’aventure.
Quelques mois après, le regretté Sidy Lamine Niass – paix à son âme – vous confie une nouvelle mission. Un journal people, Walf Grand Place. Quel saut périlleux! Avec une équipe de jeunes journalistes, vous avez relevé le défi. Après le rédacteur en chef, Moustapha Diop et Faydy Dramé, vous ne comptiez que sur un groupe de jeunes premiers.
Lalla Cissokho, Aïssatou Thioye, Oumy Diakhté, Pape Sambaré Ndour, Mamadou Gomis et moi même. L’expérience est un plus, mais le manque d’expérience n’est pas un moins. Vous l’avez prouvé. La providence était de votre côté, c’est vrai. Mais en vous déjà, se trouvaient les clés de la réussite. De la rigueur sans être rigoriste, de la technique de collecte et de traitement mais surtout un sens élevé de l’éthique et de la déontologie.
«Une source n’est jamais neutre, on peut faire du people tout en respectant la vie privée des gens» nous disiez-vous. Nous avions tous des soucis avec la langue française, cette Jeanne farouche avec son arc et ses flèches. Heureusement, vous aviez du vocabulaire et de l’orthographe, une armure contre les moqueries des ex colonisés.
Aujourd’hui, je me suis levée avant l’aube. En réalité, je n’ai pas dormi. Papa Jean, vous êtes parti. La mort d’un être cher surprend toujours. Vous m’êtes très cher. Je vous vouais une grande affection. Ce n’est pas pour rien que je vous appelais affectueusement Papa. Je pleure. J’ai mal. Je suis pleine de stupeur et d’ennui. Mais, comme tout croyant, je vais me plier au décret divin et prier. Que Dieu vous accueille en son Paradis !
C’est sûr. Vous allez me manquer. Vous me manquez déjà. Le père protecteur qui me téléphonait souvent pour prendre de mes nouvelles. Le maître qui avait toujours un œil sur les travaux de son disciple, celui là, il est irremplaçable. Le cimetière est plein de gens indispensables. C’est de l’ironie, me dit-on ! Mais non, c’est une réalité. Une triste réalité.
Je présente mes condoléances à votre adorable épouse, Tata Diary Ndiaye. En digne Ndiayenne, elle n’a jamais baissé les bras face à la maladie. Une vraie lionne. Je loue sa bravoure. A mes sœurs Lucile et Thérèse, je dis bon courage. Que Dieu veille sur vous. Et que tout ce que votre père a fait de bien pour les enfants d’autrui, que Dieu vous le rende au centuple. Mes condoléances à sa sœur Tata Hélène, ses frères Tonton Augustin, Antoine et surtout le cadet Georges Nesta Diop et à son épouse.
A tous ceux qui ont collaboré avec lui, je présente mes condoléances. En premier, Papa Tidiane Kassé, au groupe Walfadjri qu’il n’a jamais quitté. Aux anciens de Walf Grand Place, le Lougatois Moustapha Diop, l’Imam de la mosquée Faydy Dramé, aux disquettes Lalla Cissokho, Aïssatou Thioye, Oumy Diakhaté, à Mamadou Gomis, Alpha Diallo, Lamine Coly…
A ses camarades de promotion du Cesti 13e, Diatou Cissé, Ndèye Rokhaya Mbodj, Mamadou Lô Ndiéguène…
Repose en paix aux côtés de ta chère mère Daba Tine. Que la terre de (Mbalakhate) Ndiaganiao te soit légère.
A tous ceux qui nous prient de sécher nos larmes, sachez que nous ne convoitons pas le pouvoir de Dieu ici bas. C’est juste triste de voir monsieur Jean Meïssa Diop partir pour l’au-delà. Les pleurs sont superflus, c’est vrai. Mais demandez à tout ceux qui l’ont perdu s’ils ont pleuré leur papa ! IIs vous répondront bien sûr que oui. On pleure son papa. Toujours.
Adieu mon maître
Adieu mon Papa Jean
Merci pour tout
Dioko Ndial
Ndèye Awa LO NDIAYE
Ta fille Léboue
Ps : Merci Papa Jean en Sérère

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