Violences faites aux femmes : 16 jours pour changer


Violences faites aux femmes : 16 jours pour changer

Chaque année, 137 femmes sont tuées par un membre de leur famille dans le monde.

Pendant 16 jours, le monde sera coloré en orange, pour la Campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes.

Comme chaque année, pendant 16 jours, les femmes vont «oranger le monde». Le slogan en est l’illustration : «Mettre fin, dès maintenant, à la violence à l’égard des femmes !» L’actualité sénégalaise est marquée par l’affaire du viol suivi de grossesse subi par la Miss Sénégal 2020, l’affaire du triple infanticide du Dr Paye. Selon Fatou Faye Dème, une étude menée par le Groupe d’études et de recherches sur les sociétés et le genre (Geste) de l’université Gaston Berger de Saint Louis en 2014, a permis de mesurer la prévalence des violences domestiques, avec un taux moyen de 55,3%. Mais ce pourcentage cache des disparités, puisque la région de Diourbel comptabilise les chiffres les plus élevés, avec 72%, contre 41,8% pour Saint Louis, le chiffre le plus bas. Et ces chiffres montrent surtout qu’à 62%, ce sont des hommes qui sont responsables de ces violences.

55,9% de prévalence des violences domestiques au Sénégal

Dans le monde, selon les chiffres de Onu Femmes, en 2020, 35% des femmes ont subi, au moins une fois, des violences physiques et ou sexuelles de la part d’un partenaire intime ou d’une autre personne. La même source indique que chaque année, 137 femmes sont tuées par un membre de leur famille. «Des chiffres alarmants», selon la directrice Afrique de l’Ouest et du Centre d’Onu Femmes, Mme Oulimata Sarr.

Au Sénégal, les enquêtes montrent que 24% des femmes de 15 à 49 ans sont excisés avant 15 ans et que le 1/3 des filles est marié avant 15 ans, avec des zones de fortes prévalences atteignant 60% à Kolda, Tamba et Matam. Outre les violences sexuelles et pratiques culturelles néfastes, les femmes subissent des violences économiques, notamment des refus de payer la pension ou refus de prise en charge. La pauvreté et une structure sociale patriarcale qui favorise la domination des hommes sur les femmes, l’analphabétisme et la méconnaissance de leurs droits et l’absence de la culture de la dénonciation, sont quelques-unes des raisons à cette forte prévalence. Et souligne Mme Sarr, «les 16 jours d’activisme sont un moment de mobilisation, qui permet de mettre le sujet en avant, même si le travail se fait au quotidien pour changer les normes sociales». Plusieurs activités sont prévues durant ces journées de mobilisation, à travers tout le pays. Le Groupe Daara J Family, qui soutient la mobilisation, a présenté une nouvelle production Women, qui dénonce les violences faites aux femmes. Le clip a été diffusé hier, à l’occasion du petit déjeuner de presse organisé par Onu Femmes.

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