CAN 2021

Aliou Cissé : « On est déséquilibrés par les absences »

Le sélectionneur du Sénégal qui a souvent mis en avant le collectif et surtout l’interchangeabilité au sein de son effectif a fini par reconnaître que certaines absences notamment des cadres déséquilibre son équipe. Toutefois, face à la presse hier, jeudi 13 janvier, au centre Tagidor Garden de Bangou, Aliou Cissé a encore réaffirmé son ambition de faire monter les Lions sur la plus haute marche du podium au soir du 6 février à Yaoundé. Place donc au derby sous-régional face à la Guinée ce vendredi à partir de 13 h GMT. Un match qu’il estime « spécial ».

Un match spécial

« C’est un derby. Donc, un match spécial. De notre côté nous le préparons de la même façon que les matches précédents et les matches à venir. Je crois que ce qui est important aujourd’hui c’est se concentrer sur le jeu, de faire tout pour empocher les trois points. On sait que c’est un match qui peut nous permettre de nous qualifier au deuxième tour. On est concentrés sur ce match là et on le prépare de la meilleure des façons« .

Plus de petites équipes

« Il est difficile de parler de la particularité d’une rencontre. En réalité tous les matches se suivent mais ne se ressemblent pas. On vient de battre le Zimbabwe et vous avez vu à quel point c’est difficile de compétir et de gagner sur le continent africain. Et les résultats des dernières journées nous montrent encore une fois à quel point c’est difficile. Les grandes équipes ne dominent pas, je le dis encore, il n’y a pas de petites équipes. Les résultats c’est 1-0, 2-1. Seul le Cameroun a marqué 2 buts (la conférence de presse s’est déroulée avant la victoire 4-1, des Lions indomptables face à l’Ethiopie, Ndlr), sinon tout le reste, c’est des matches très disputés jusqu’à la dernière minute. Nous, nous avons toujours abordé nos matches avec la ferme conviction de vouloir les gagner. Ce match-là s’inscrit dans cette lignée, nous avons envie de le gagner. C’est un derby, mais au delà, ce qui est important c’est de se concentrer sur le jeu. C’est ce que nous voulons faire, rester dans le cadre du football. Nous abordons donc ce match avec beaucoup d’humilité, beaucoup de confiance et beaucoup d’ambition« .

La déclaration de Kaba Diawara

« Honnêtement je n’ai pas lu les propos de Kaba (Diawara). C’est quelqu’un que je connais depuis plus de 24 ans. On a eu à vivre de très grands moments en tant que footballeurs. A l’époque, on était au Paris Saint-Germain. Je le félicite pour ce qu’il est en train de faire avec cette équipe guinéenne. Maintenant, comme je l’ai dit, ça reste un match de football. C’est un derby et ça doit rester dans le cadre du football. La Guinée et le Sénégal sont deux nations sœurs, voisines. Donc, à notre niveau, rien ne peut nous emballer par rapport à ce que dit l’adversaire. Personnellement, je pense que ma relation avec Kaba (Diawara) est bien au dessus du football. Nous allons donc nous concentrer sur l’essentiel, car c’est sur le terrain que ça va se passer. Quoi qu’on puisse dire avant n’a pas d’importance. Aujourd’hui, il est à la tête de la Guinée, moi à la tête de l’équipe du Sénégal, on a tous les deux, envie de se qualifier en huitièmes de finale. On reste dans le cadre du football. J’ai entendu dire qu’il a soutenu qu’il y avait pas pénalty (face au Zimbabwe, Ndlr), je vais lui prêter mes grosses lunettes. Peut-être qu’il verra mieux. En somme, nous sommes concentrés sur l’essentiel, faire en sorte que nos joueurs soient en bonne santé parce que c’est primordial en cette période. Après, les propos de Kaba (Diawara) je n’y prête pas attention ».

Protocole sanitaire indésirable

« Nous subissons cette pandémie de plein fouet. J’ai envie de dire que pratiquement nos grands joueurs sont affectés par ce Covid là. Joseph l’a dit, on a choisi aussi 28 joueurs. Aujourd’hui il y’a plusieurs compositions probables. C’est vrai qu’on est déséquilibrés du fait qu’il y a beaucoup d’absences. Mais comme je le dis souvent, j’ai en ma possession 28 joueurs capables de pallier aux absences. Nous avons bien travaillé. L’état d’esprit est bon, la confiance est là. Nous espérons récupérer encore trois joueurs qui sont Nampalys Mendy, Saliou Ciss et Pape Matar Sarr. Il nous reste encore à Dakar Bamba Dieng. On espère qu’il nous rejoindra très rapidement. C’est des moments compliqués, je ne le dirais jamais assez. Le protocole sanitaire, je n’ai pas trop envie d’en parler, mais par moment, il y a des choses qu’on ne comprend pas tout simplement. Nous en parlons ensemble dans notre effectif. On a de très bons joueurs. Les garçons sont concentrés, nous sommes tous confiants pour ce match là. Et, nous voulons l’aborder avec l’ambition de remporter les 3 points ».

Sadio, le brassard de capitaine

« Gana (Idrissa Gana Guèye, Ndlr) n’est pas là, Balo Touré non plus. On n’est pas sûr de pouvoir récupérer Saliou Ciss, Nampalys Mendy et Pape Matar Sarr. Edouard Mendy c’est la même chose, il est out aussi. Kalidou Koulibaly, on en a déjà parlé mais, comme je vous l’ai dit, on a plusieurs options dans notre groupe. Même si effectivement ce groupe reste grandement décimé et déséquilibré. Toutefois, je crois que les garçons qui sont là sont en forme et prêts à aborder ce match là avec l’esprit de remporter les 3 points. J’ai un groupe où il y a 6 ou 7 joueurs capables d’être capitaine. Je ne vous le cache pas, Koulibaly (Kalidou) n’est pas là, Gana a su le suppléer. Après Gana (Guèye), Sadio (Mané) portera ce brassard en tout cas pour le match contre la Guinée ».

La psychose d’un résultat positif gagne la tanière

« C’est compliqué ! Il n’y a pas que Bamba (Dieng), même si c’est lui qui reste. C’est très compliqué pour les garçons. Vous savez hier on a fait les tests à 10h et je peux vous garantir que de 10h à 14h30 avant qu’on aille à l’entraînement, il y avait une sorte de psychose où vous êtes en attente pour savoir à qui le tour. Qui va être encore malade, qui va être confiné. C’est des situations très compliquées pour le football aujourd’hui. Mais en venant à cette Can là on le savait. Nous essayons de nous adapter le mieux possible. Sur le plan psychologique, il est important de nous rapprocher de nos joueurs, de discuter avec eux et de les rassurer. Mais cette pandémie là, en réalité, nous empêche déjà de nous voir en interne. Parce que quand il y a les tests, tout le monde essaye de s’écarter un petit peu parce qu’on se méfie de l’autre pour ne pas être contaminé. Donc, tout ça est compliqué à gérer. Mais, on savait que cette Can sera ainsi. Souvent les gens pensent que c’est seulement sur le terrain, mais en réalité il y a beaucoup de choses, en termes de logistique, en termes d’organisation, qu’il faut avoir. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas pour nous, mais on ne se plaint pas. On n’est pas en mode victime. On est motivés, on veut aller au bout de cette compétition là. Nos objectifs n’ont pas changé, malgré tout ce qui nous arrive. Et pour ce faire, je pense que c’est demain (ce vendredi, Ndlr) sur le terrain qu’il faut le montrer ».

Envie de battre la Guinée

« Personnellement, je ne suis pas obnubilé par ce match contre la Guinée. Même si on a envie de le gagner. On fera tout ce qu’il faut. Mais, j’ai envie de dire que si c’était le Malawi, on serait dans le même dispositif, dans les mêmes options, c’est à dire d’essayer de gagner. Que ça soit la Guinée, le Malawi ou les autres équipes qui vont arriver, nous, notre envie c’est d’aborder chaque match pour essayer de faire le meilleur résultat possible. Après, il y a des réalités. Vous savez entre la France et la Belgique, on voit bien la rivalité qui existe. Comme entre l’Angleterre et l’Ecosse. Ça arrive parce que ce sont des pays frontaliers. Si c’était la Guinée Bissau ou le Mali, ça aurait été pareil. Je pense que cette rivalité a toujours été là. Mais entre Sénégalais et Guinéens on est des frères. On est des Africains et c’est le football africain qui doit gagner à l’issue de cette rencontre ».

Stades quasi vides

« Je crois que le contexte est quand même assez particulier. Jouer au football dans des stades vides, ce n’est pas évident. C’est vraiment triste de voir dans cette Can là que les gradins sont vides. Sur le plan psychologique déjà, c’est compliqué. Après, il y a bien sûr l’aspect mental sur cette pandémie là, la prévention avec les joueurs, leur demander de mettre leur masque. Discuter avec ceux qui sont malades, pour ne pas les perdre parce que psychologiquement ce n’est pas évident de quitter son club, sa famille, pour rester cloîtré dans une chambre en attendant qu’on vous dise que vous êtes guéri. J’ai été joueur, je sais que ce n’est pas facile. Les garçons ont préparé cette Can dans la meilleure des façons. Ils ont quitté leur club pour vraiment jouer. Et aujourd’hui effectivement ce n’est pas le cas. Donc, que ce soit moi, ou mes collaborateurs, nous sommes solidaires autour de ces garçons pour qu’ils ne doutent et qu’à un moment donné ils ne quittent pas mentalement la Can. Dans ce sens-là, on y arrive quand même. On leur demande de prendre leur mal en patience et il n’y a que ça à faire en réalité. On ne peut pas faire autrement. Nous espérons en tout cas que d’ici deux ou trois jours, on aura d’autres bonnes nouvelles parce que les mauvaises nouvelles s’enchaînent quand même depuis le début qu’on est arrivé au Cameroun ».

Excès de confiance des Lions ?

« On n’a pas un excès de confiance. On est juste suffisamment confiant. Je le dis encore, nous sommes venus ici avec beaucoup d’humilité. Depuis pratiquement 6 mois je répète les mêmes choses. Nous sommes là avec beaucoup d’ambitions aussi. Maintenant comme je vous l’ai dit, ça reste du football. La Guinée a envie de gagner, tout comme nous. Nous respectons nos adversaires. Que ça soit le Zimbabwe ou la Guinée. Maintenant, oui effectivement on a envie de gagner, on ne va pas sur le terrain pour perdre. Nous sommes conscients de la qualité de l’équipe guinéenne, mais le Sénégal a aussi des arguments à faire valoir. Croyez moi, sur ce match-là, on ne vient pas avec un manque d’humilité.

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