Faits Divers

Après le cœur, un rein de porc greffé sur un autre humain aux États-Unis

Un rein de porc a été greffé à un corps humain, a annoncé jeudi une équipe médicale basée aux États-Unis, la deuxième opération de ce type et la première menée à l’intérieur du corps d’un patient, qui était en état de mort cérébrale.
L’annonce intervient peu après la première greffe d’un cœur porcin chez un patient, cette fois conscient.
Ces avancées dans le domaine des transplantations d’organes d’animaux chez des humains, aussi appelées xenogreffes, laissent entrevoir une possible solution à la pénurie chronique de dons d’organes.

“Les résultats d’aujourd’hui sont un accomplissement remarquable pour l’humanité et font entrer les xénogreffes dans le domaine clinique”, s’est félicité Selwyn Vickers, doyen de l’école Heersink de médecine de l’Université de l’Alabama à Birmingham (UAB), où l’opération a eu lieu.

Un rein de porc avait déjà été greffé sur un humain en état de mort cérébrale par une équipe de l’Université de New York, à deux reprises, le 25 septembre et le 22 novembre 2021, mais les greffons avaient été placés à l’extérieur du corps, connectés à une jambe, afin de pouvoir les observer et effectuer des prélèvements.

Complètement connecté au patient
L’opération dévoilée jeudi a eu lieu le 30 septembre 2021. Deux reins d’un porc génétiquement modifié ont été placés dans le corps d’un homme de 57 ans dont les organes ne pouvaient être donnés à une autre personne, bien qu’il en ait fait le voeu.

“Les reins transplantés ont filtré le sang, produit de l’urine et, chose importante, n’ont pas été immédiatement rejetés”, a indiqué l’université dans un communiqué.

Les deux organes sont restés viables jusqu’à ce que l’expérience soit arrêtée, 77 heures plus tard, et les résultats ont été publiés dans l’American Journal of Transplantation.

Puisque les reins étaient complètement connectés à l’intérieur du corps, l’équipe assure que cette opération chirurgicale se rapproche de la réalité clinique. Ils comptent effectuer bientôt des essais sur des patients humains et demander ensuite le feu vert des autorités de régulation.

Le porc dont les reins ont été utilisés avait subi 10 modifications génétiques importantes pour rendre ses organes compatibles avec un humain.

Selon les autorités américaines, près de 107.000 personnes attendent un don d’organe aux États-Unis, dont 90.000 ont besoin d’un rein. Chaque jour, en moyenne, 17 Américains meurent faute de greffe.

La recherche médicale s’était d’abord tournée vers les primates: le coeur d’un babouin a par exemple été greffé à un nourrisson en 1984, mais il n’a survécu que 20 jours.

De nos jours, les valves cardiaques de porcs sont largement utilisées chez les humains, ainsi que la peau porcine chez les grands brûlés.

Les porcs constituent de parfaits donneurs du fait de la taille de leurs organes, de leur croissance rapide et de leur nombreuse progéniture, et parce qu’ils sont déjà élevés comme une source de nourriture.

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