Faits Divers

Dame Sène :  » Sur le plan mystique, les artistes font pire que les lutteurs… »

C’est un artiste hors pair avec un verbe facile. Ses paroles ne laissent personne indifférent. Lui, c’est Dame Sène. Ce natif de Thiès a passé 5 mois au pays de l’oncle Sam où il faisait des prestations. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, il assène ses vérités en revenant sur le milieu du showbiz, son nouveau single et son séjour aux Etats Unis.

Après 5 mois aux Etats-Unis, qu’avez-vous ramené dans vos valises ?

Je rentre fraîchement des USA. J’y étais parce qu’il y a un promoteur sénégalais, Tidiane qui m’avait contacté pour une série de spectacles. J’ai bien accompli ma part du contrat. C’était vraiment un voyage bénéfique. Je me suis produit un peu partout là-bas. Après une mission bien remplie, je suis revenu au bercail avec des nouveautés. J’ai tout entendu durant mon absence. Certains disaient que j’ai été victime de maraboutage, d’autres ont soutenu que j’ai pris la fuite. Je suis là en chair et en os. Et je reviens en force sur la scène musicale.

Avez-vous fait des collaborations ou des duos avec des artistes américains ?

Non ! Je n’ai pas fait de duo. J’étais parti pour travailler. Après ma mission, je suis revenu parce que je ne force pas de collaboration ou de duo avec des artistes étrangers. Je suis un artiste talentueux et tout le monde peut avoir besoin de mes services. Je suis très patient. Je ne force pas le destin.

Vous avez dit tout à l’heure que vous revenez en force. Que réservez-vous à vos fans ?

J’adore mes fans. Je les respecte. Pour leur faire plaisir, j’ai concocté deux singles pour eux. Je les ai donnés en exclusivité aux animateurs de Iradio notamment à Padros Mbaye et Boubacar Diallo. Emedia-Invest est ma maison. Je n’y ai pas de frontière, encore moins de sens interdit. J’apprécie le professionnalisme des gens qui y travaillent. Pour revenir sur les deux tubes, l’un porte le titre de « Tangal » (NdlR : Bonbon) et l’autre « Beignet ». Ce sont des choses que les Sénégalais aiment. Donc, c’est pour eux. Je suis positif et je travaille sans faire de bruit car, l’efficacité ne fait pas de bruit.

Mais ce Dame Sène que nous avons en face est différent de celui que les Sénégalais avaient l’habitude de voir. Parlez-nous de votre nouveau look ?

Ce qui fait la particularité d’un artiste, c’est son originalité. Un vrai artiste doit avoir des astuces, des secrets mais tout doit être fait dans la modération. Sans excès. Mon nouveau look, c’est les rastas bien entretenus, une barbe bien teintée, des chaussures de différentes couleurs. A travers ses chaussures, je rends hommages à Moussa Ngom et faire revivre sa mémoire parce que les Sénégalais sont amnésiques. Ils oublient très vite. Or, il y a des immortels parmi les artistes grâce à leurs œuvres.

On va revenir sur votre voyage aux Etats Unis qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Certains disaient que vous aviez quitté le pays parce qu’on vous avait marabouté. Est-ce vrai ?

Rire ! C’est archi-faux. Ce sont des contrevérités. Cependant, je pardonne ceux qui ont véhiculé ce message. Certains aiment radoter. Mais cela ne m’ébranle pas. Je suis un Baye Fall. J’ai un mental de fer. Je ne prête pas une oreille attentive à certains dires. Ma priorité, c’est le travail. Je ne calcule pas le reste d’autant plus que le bon Dieu a déjà tracé mon chemin et nul ne peut échapper à son destin. L’art, c’est comme la course. Chacun gère son couloir et personne ne dérange personne. Mais malheureusement, il y a des personnes qui refusent toujours d’accepter la volonté divine. Mais c’est peine perdue et ces dernières seront toujours laissées en rade. Non seulement elles ne progresseront pas dans la vie mais également, elles vont toujours souffrir de voir les gens les devancer.

Pourquoi de tels propos tenus contre votre personne. Est-ce que vous dérangez ?

Que ceux que je dérange sachent que je n’ai pas encore démarré ma carrière. Je n’en suis qu’à mes débuts. Si j’ouvre ma valise et mets sur le marché les nouveautés que j’ai apportées des Etats-Unis, ils quitteront le pays. Celui qui ne m’aime pas n’en verra que du feu parce que je suis l’ami de Dieu. Je ne suis pas pressé. Je suis bien dans ma peau et je ne dois rien à personne.

Donc vous vivez de votre art ?

Je rends grâce à Dieu. A mes débuts, je n’avais rien. Je demandais de gauche à droite. Grâce à mon art, j’ai pu acquérir une maison. Je voyage partout. Je ne porte plus de tissus bas de gamme. J’ai eu une voiture grâce à l’art. Donc, je me nourris bien de mon art et prie pour qu’il en soit ainsi.

Pourquoi vous qui évoluez dans le milieu « Tassu » ne faites pas beaucoup de duos entre vous ?

Le problème ne réside pas à mon niveau. Je suis généreux dans ce que je fais et beaucoup d’artistes peuvent en témoigner. Mais, certains artistes sont faux. Ils ne sont pas sincères. Devant les caméras, ils affichent un beau visage et quand tu leur tournes le dos, ils te poignardent. Certains vont même jusqu’à marabouter leurs collègues pour qu’ils ne connaissent pas le succès dans leurs carrières. Nous évoluons dans un milieu infesté d’hypocrites. Certains ne veulent pas de duos parce qu’ils pensent qu’on va leur ravir la vedette. Nous nous connaissons.

Et la bouteille que vous avez depuis tout à l’heure. Elle vient de votre marabout ?

(Éclats de rire) ! Non ! Cette bouteille contient du café. Je la tiens pour faire peur à mes détracteurs. Je ne suis pas dans le mystique. La vie est éphémère. Donc, je ne ferai jamais recourir au mystique pour essayer de briser la carrière de quelqu’un ou pour connaître le succès. Je crois en mon talent.

Mais vous ne niez pas que le mystique existe dans le milieu du Showbiz ?

Il existe bel et bien. Peut-être certains ont tenté de me jeter un mauvais sort mais, il faut toujours croire en Dieu et avoir confiance en Lui. Le mystique et le maraboutage sont des choses qui existent dans le milieu. En matière de mystique, les artistes font pire que les lutteurs.

Quelle est votre appréciation sur la concurrence jugée déloyale entre artistes de la nouvelle génération ?

C’est, peut-être, le milieu qui exige cette concurrence mais, entre artistes ils se connaissent. Chacun connaît ce que l’autre vaut. Je ne peux pas en dire plus. Mais que ces jeunes-là sachent que rien ne sert de courir. Il faut partir à point. La précipitation ne mène nulle part. Même cuisiner requiert un certain temps. Il faut que les gens se ressaisissent. Il faut travailler, croire en son talent. L’art n’est pas une course de vitesse mais de fond.

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